Le soleil pourpre m'éblouit, mais je ne peux m'empêcher de le fixer. Cette beauté éphémère m'obsède. Les nuances de rouges, d'orangés chatoient devant moi, inlassablement. Des rayons filtrent à travers un arbre mort au bord de la falaise. Ont dirait un mirage, un feu. J'aimerais qu'il soit éternel. J'aimerais le capturer dans mon poing. Le serrer, ne pas le lâcher jusqu'au crépuscule suivant. Que cette douce sensation d'évasion m'accompagne, me guide journées après journées. La mer à mes pieds montre aussi son émerveillement. Elle ondule, bercée par les couleurs langoureuses du soleil. Elle semble battre à l'unisson avec cet immense cœur ardent. Je ne peux détacher mon regard. Les larmes coules sur le bord de ma bouche ébahie. Le soleil meurt. Il disparaît; le pourpre, l'orangé, le rose, cèdent face au noir.
Je me relève, je quitte la mer, la falaise, l'arbre.
J'ouvre mon poing, rien ne se trouve en son creux, alors je le
referme, mélancolique. J'entends au loin les murmures plaintifs de
l'eau. Elle se calmera bientôt pour préparer au dieu soleil son ode
matinale. La maison petit à petit se rapproche à mesure que mes pas
m'y guide. Ses artificiels éclats m'accueillent d'un air
inquisiteur. On dirait qu'ils me jugent, me reprochent d'admirer
encore cet astre désuet.
T.Ed


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